Hôpitaux, soins infirmiers à domicile, … (CP330)
Le secteur fédéral de la santé subit de fortes évolutions, que ce soit lié aux besoins croissants, aux réformes successives, aux mesures d’économies, aux nouvelles technologies ou au manque de forces de travail. Que vous travailliez dans un hôpital, un centre de santé communautaire, un centre de réhabilitation, un autre établissement de santé ou à domicile, il y a de nombreux défis à relever au quotidien. Chaque jour, vous, en tant que professionnels, vous êtes confrontés aux limites du système à cause des pénuries de personnel, d'une forte pression au travail et de conditions de travail inadéquates. Dans de nombreuses institutions, il y a trop peu de collègues pour garantir des soins de haute qualité et humains, ce que ressentent aussi bien les travailleurs que les patients. Dès lors, nous plaidons pour des solutions structurelles.
Les organisations syndicales doivent être concertés sur l’avenir du secteur des soins, notamment sur la réforme des professions soignantes et les professions non soignantes. La réforme des hôpitaux doit également être l’objet d’une concertation, tant elle aura des répercussions sur l’organisation du travail et sur les conditions d’exercice du travail des professionnels.
Malgré des accords antérieurs et des ressources supplémentaires, la situation reste précaire. Si nous voulons rendre le secteur attractif et durable, des choix fondamentaux sont inévitables. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons rendre attractifs les métiers du secteur et garantir que chacun puisse poursuivre sa carrière dans des conditions dignes.
Le volume de l’emploi et l’organisation du travail, des services, le contenu des fonctions doivent permettre de répondre aux besoins réels de soins de qualité, tenir compte des rythmes des patients pour maintenir de l’humanité dans les soins et permettre des conditions d’exercice de travail tenables pour les professionnels. Les équipes mobiles doivent être cadrées et renforcées afin que le soutien soit garanti également la nuit et le week-end.
Parallèlement, une politique de prévention des risques psychosociaux et d’épuisement doit être mise en œuvre. Les changements d’horaires imprévus doivent être limités le plus possible. Si cela devait se produire, cela doit être valorisé.
La reconnaissance du personnel des soins de santé commence par un salaire à la juste valeur. Le modèle salarial doit s’adapter aux évolutions des métiers et des exigences dans le secteur. Par ailleurs, aucune réforme ne devrait déqualifier des professions et en même temps saper les conditions salariales des travailleurs actuels et futurs. Une attention doit être portée aux salaires les plus bas dans le modèle IFIC. La prime de fin d’année doit devenir un treizième mois complet.
Les indemnités pour les trajets domicile-travail et les trajets de mission doivent également être augmentées. Le fonds de pension sectoriel nécessite un renforcement structurel.
L’ancienneté réelle doit être reprise dans la rémunération des travailleurs lors des changements d’employeur quel que soit l’institution d’où le travailleur vient.
Pour concilier leurs études et le fait qu’ils doivent remplir leur frigo, les stagiaires doivent être rémunérés. Un accueil des stagiaires doit être mis en place pour leur permettre d’apprendre leur métier dans de bonnes conditions avec l’encadrement nécessaire (tutorat).
Nous revendiquons des contrats de qualité, à temps plein et à durée indéterminée, pour permettre aux travailleurs de gagner dignement leur vie et de se projeter dans l’avenir.
Pour pouvoir évoluer ou suivre l’évolution de son métier et/ou du contexte de travail, chaque travailleur a droit à au moins cinq jours de formation par an.
Pour les travailleurs, dont le métier le permet, le télétravail structurel et occasionnel doit être possible ; cela doit faire l’objet de concertation sociale pour adapter l’organisation du travail et maintenir une cohésion des équipes et un management humain et de qualité.
Dans le secteur des soins de santé, les travailleurs occupent des postes qui peuvent être lourds notamment pour les personnes en fin de carrière. Des actions de prévention tout au long de la carrière doivent être mises en place pour leur permettre de rester en fonction et de garder leurs droits. Aussi la réintégration des malades de longue durée doit se faire sans conséquences sur leurs acquis. Les travailleurs ne sont pas des kleenex que l’on jette après utilisation.
Mais ces actions ont des limites lorsque les travailleurs prennent de l’âge, d’autant plus avec le recul de l’âge d’accès à la pension. Des mesures de fin de carrière doivent être impérativement mises en place, comme la réduction du temps de travail, avec maintien du salaire, ou sous forme de jours de congés supplémentaires en fin de carrière, de dispenses de prestations, …
L’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée peut être compliquée dans le secteur des soins des santé. C’est pour cela que nous croyons et soutenons la réduction collective du temps de travail, avec maintien du salaire et embauche compensatoire. Cela doit s’accompagner d’une concertation sociale sur l’organisation du travail. L’accès aux congés thématiques et aux divers crédits temps doivent être mieux remboursés. Durant les congés pour raisons impérieuses, la rémunération doit être maintenue. Le nombre de jours de congé doit être suffisant pour pouvoir combiner les contraintes professionnelles et privées. Evidemment, ces mesures individuelles ne suffiront jamais. Il faut un investissement massif dans le secteur Non Marchand qui est un soutien indispensable pour les citoyens tout au long de leur vie (soins de santé, accueil de l’enfance, accueil extra-scolaire, institutions pour personnes âgées, en situation de handicap, jeunes, adultes en difficultés, aide à domicile, …).
Enfin, le secteur des soins de santé subit des évolutions, des mesures d’économie et des réformes importantes à chaque législature. La concertation sociale est essentielle qu’il s’agisse de l’évolution du secteur, du financement des emplois (ratio charge de travail/emplois), de l’organisation du travail, de l’organisation en réseaux, de l’évolution des métiers, des conditions d’exercice du travail, … Tous ces défis ont ou auront des conséquences sur vos conditions de travail !
Les soins de santé sont des droits fondamentaux et ne peuvent faire l’objet de profits. Malgré la pression européenne ou internationale qui incitent les politiques à choisir la voie de la facilité en prenant des mesures d’austérité, il faut investir dans ce bien essentiel et adopter une vision tournée vers l’avenir pour tous les acteurs des soins de santé.
